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Fondatrices du collectif Gras politique, Daria Marx et Eva Perez-Bello publient un livre sur les humiliations dont sont victimes les personnes obèses au quotidien. Elles racontent à «Libé» leur combat pour que la société cesse de les mépriser, voire de les nier.


C’est la boulangère qui demande : «Vous êtes sûre de vouloir ce croissant ?» Ou le quidam non sollicité qui gratifie de ses conseils nutritionnels. Les «grosse vache» et autres douceurs balancées sans ménagement… Autant d’agressions qui ne sont que la partie émergée d’une discrimination souvent banalisée, voire niée : la grossophobie. Avec Gros n’est pas un gros mot : chroniques d’une discrimination ordinaire (1), Daria Marx, 37 ans, et Eva Perez-Bello, 32 ans, cofondatrices en 2016 du collectif antigrossophobie, féministe et queer Gras politique, espèrent faire la peau à cet «ensemble d’attitudes hostiles et discriminantes à l’égard des personnes en surpoids». Selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 15 % des adultes français sont obèses. Mêlant témoignages et données scientifiques, économiques et sociologiques, l’ouvrage envoie bouler les périphrases politiquement correctes : oui, elles sont grosses. Mais non, elles ne diront pas combien elles pèsent, même si la question leur est systématiquement posée. Après tout, qu’est-ce qu’un chiffre change à leur discours, aux oppressions qu’elles dénoncent ? Aux égouts, aussi, les clichés et autres idées reçues : non, les gros ne sont ni paresseux, ni malodorants, ni obsédés par les burgers, ni meilleurs au lit, ni plus drôles que les autres…

Un an après la publication du livre témoignage très relayé de Gabrielle Deydier, On ne naît pas grosse (2), les auteures rêvent que la parole continue de se libérer. La leur est fleurie, pleine de force et d’humour, souvent rentre-dedans, jamais misérabiliste. Elles répètent encore et encore les humiliations, partout, tout le temps : ces trentenaires branchés qui les pointent du doigt en soirée en leur lançant : «Ouh, la grosse.» Ces ados qui les moquent alors qu’elles dînent au restaurant. Aux malotrus, elles adressent sans hésiter un doigt d’honneur. «C’est le tarif minimum», assument-elles en riant. Les demoiselles au caractère bien trempé sont déjà allées jusqu’à prendre en chasse les goujats, quitte à être verbalement «brutales». A leurs yeux, riposter relève de la «pédagogie». Mode combat activé. Objectif ? «La révolution», se marrent-elles.

Le terme «grossophobie» est récemment entré dans le dictionnaire. Qu’est-ce que ça change ?
(Toutes deux lancent un «yes» enjoué.)

Eva Perez-Bello : C’est une forme de reconnaissance. Désormais, on reconnaît son existence. On ne pourra plus nous opposer que c’est une invention farfelue ni ridiculiser la cause avec des phrases comme : «A quand la loutrophobie ?»

Comment expliquez-vous ce déni ?

Daria Marx : C’est comme si la grossophobie était la dernière discrimination acceptable. Nous, les gens gros, on porte notre souffrance sur nous. Notre société a du mal avec cela : il faut être «healthy», «détox», «happy»… On nous renvoie sans cesse à la volonté, au contrôle, alors que l’obésité est multifactorielle. C’est compliqué d’établir des généralités. Des facteurs génétiques, sociaux, environnementaux entrent en jeu, de même que le vécu dans l’enfance, l’éducation, etc. On n’est pas du tout dans l’angélisme, on sait très bien que ce n’est a priori pas bon pour nous. On voudrait juste inviter tous ceux qui nous renvoient à la volonté, qui nous exhortent à maigrir, à s’intéresser vraiment à ce qu’est l’obésité. Et qu’on cesse d’être soupçonnés d’être de «mauvais gros» quand on ne fait pas de régime.

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